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16 avril 2013 2 16 /04 /avril /2013 00:16

Yeux nb +

"Nous n'avons pas toutes les réponses à toutes les questions." En ces quelques mots, POTUS a traduit le sentiment d'angoisse que je ressens en ce soir d'attentat, mais que je subis surtout depuis plusieurs semaines. 

La crise bancaire a bien fait son oeuvre, faisant tomber tels des dominos la crise financière, la crise économique et finalement sociale mais aussi, et cela était moins abordée, politique. 

Les populismes gangrennent nos démocraties, s'infiltrant et enserrant les plus faibles déjà durement frappés. Ils rampent  entre les poussettes des "Manifs pour tous", où ils ont soif de "sang impur" dont il veulent abreuver leurs sillons ; ils rampent au pieds des hauts fourneaux qui s'éteignent, substituant des ombres aux hommes fiers qui s'y dressaient il y a encore peu ; ils rampent sur les plateaux télé, entre les ondes de nos radios, au coeur des lignes de nos journaux. 

Les populismes sussurent aux esprits troublés par la peur, par la menace réeelle ou supposée, attisée par la suggestion de boucs émissaires. Ils incitent à se défier d'une classe politique forcément corrompue par une élite économique forcément corruptrice et exploitante. Ils démolissent la confiance, ils arasent chez ceux qui les écoutent l'oeuvre de la République, la dénaturant, l'entâchant de leur infâme dessein, pour tenter de l'emboiter avec ce qu'il resterait de nos institutions. 

Telles des bêtes immondes s'érigeant en monument d'inhumanité, cherchant à figer dans l'airain leur propre gloire, et la fin d'une fraternité que nous avons eu de cesse de bâtir, leur haine se bronze des fous religieux à la machette ou à la bombe, des petits "chefs suprêmes"  au bouton nucléaire, de l'ignorance, de notre part d'ombre...

Comment ne pas ressentir ce vent mauvais, comment ne pas me rendre compte de ce dangereux parfum ? 

Nous avons quelques planches de salut... Où plutôt nous devrions les avoir. Mais nous restons sourds à nos penseurs, aux sages aiguillons de notre temps. Nous laissons, dans une complaisance dérangeante, Caroline Fourest être traquée par une meute dont le libre arbitre et l'esprit critique ont été obérrés. Nous restons sourds à cette fraternité que nous n'avons jamais réussi à réaliser. Nous restons sourds à notre Histoire, à notre Héritage, à notre Humanité.

A force d'être sourds, nous devenons aveugles...

Alors ce soir, j'ai peur. Pas d'une peur irrationnelle, pas d'une peur panique... Mais le désespoir qui me saisit quand je vois le caractère jadis ferme d'une personne s'éffondrer sous les coups de buttoir des populismes et des fanfatismes pourrait m'affliger.

Oui j'ai peur quand je regarde l'horizon le matin ; avec la conscience du mal qui nous ronge. C'est avec la nausée que j'assiste à ce spectacle qui trouve à se produire tant sur la scène internationnale que jusque sous mes fenêtres.

Mais mes poings se serrent, je vois mes amis en esprit et je sais que nous sommes prêts. 

 

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Published by Fabien BUFFETEAU - dans Res Publica
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